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Mohammad YUNUS rencontre 3000 jeunes à Paris
Mardi 16 Février 2010, 16:19
« Cette crise est une chance ! » Le prix Nobel de la paix 2006 parie sur une économie plus solidaire
L’inventeur du microcrédit s’emploie à promouvoir une économie solidaire, à réconcilier business et social, et ce, à travers le microcrédit. Les différentes crises actuelles (alimentaire, sociale, climatique, financière…) sont symptomatiques de la faillite du système économique obsédé par le profit et basé sur l’égoïsme. C’est donc tout le système qu’il faut repenser, notamment le système bancaire. Il faut intégrer la dimension humaine, sociale, dans l’économie pour construire un système basé sur l’altruisme.
Ce changement en profondeur ne peut venir du politique ; leurs discours pour une moralisation du capitalisme ne sont souvent que des « voeux pieux ». L’injection d’énormes sommes d’argent ne peut résoudre les problèmes. Seuls les citoyens peuvent amorcer le changement et l’imposer. Le but est d’aider les plus pauvres en leur ouvrant l’accès aux services financiers et à entrepreneuriat, de créer des emplois. Social et business sont tout à fait conciliables.
Les gouvernements doivent s’investir dans le business social, renoncer à l’aide sociale comme unique moyen d’action, car elle crée une mentalité d’assisté et empêche tout changement réel. « Il faut leur donner une chance de changer de vie, d’aller de l’avant. Il faut créer des entreprises pour changer la vie des autres ».
Le microcrédit n’est certes pas la solution parfaite pour sortir de la pauvreté, les taux d'intérêt sont parfois excessifs, mais il offre une possibilité de prendre une « meilleure route ». « Le microcrédit est là pour aider les gens à sortir de la pauvreté, pas pour que les riches fassent de l’argent sur le dos des pauvres ».
Le succès du microcrédit, né dans les pays du sud, s’étend au monde entier, comme aux États-Unis où un programme a été lancé à New York il y a deux ans, en France, en Allemagne, à Bahreïn…
La plupart des destinataires des prêts sont des femmes et les activités financées sont diverses. « Cela fait partie des responsabilités d’une société de permettre à tous l’accès aux services financiers. Aux politiques de l’encourager, poussés par la société ».
Le prix Nobel de la paix 2006 termine sa plaidoirie en faveur du microcrédit par un appel à la jeunesse afin qu’elle travaille à un monde où responsabilité rime avec solidarité.
Actuellement, le microcrédit représente 12 milliards d'USD dans le monde. La Grameen Bank a été fondée par Mohammad Yunus en 1976 au Bangladesh : 1,5 milliard d'USD, 30'000 personnes et 2'600 succursales.
Le FIG contribue au développement du micro-crédit dans les zones rurales des pays les plus pauvres, en mobilisant des ressources locales par le biais de garanties bancaires.
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Télécharger l'article du journal Libération du Jeudi 4 février 2010 ( ~3.31 meg )


